Témoignage - Le parcours de William
Sur cette photo, nous sommes en 2021, William mon fils a 2 ans et il est dans sa bulle, le pré diagnostic vient de tomber : William est autiste.
En janvier 2023, je décide de mettre en place une approche intensive basée sur le jeu et l'imitation en face à face avec mon fils William.
À cette période, William ne parle pas.
Il ne répond pas à son prénom.
Il ne pointe pas du doigt.
Il ne regarde pas dans les yeux.
Il ne semble pas comprendre les consignes simples.
Son sommeil est très perturbé.
Il n'est pas propre.
Il présente une hyperactivité importante et fait de nombreuses crises.
Il peut se montrer très directif et autoritaire dans ses interactions.
Il ne joue pas avec les autres enfants
Seul il ne joue pas de manière fonctionnelle : il passe son temps à taper sur ses jouets au lieu de jouer à faire semblant
Il recherche essentiellement la musique, qu'il écoute en boucle, et danse fréquemment sur la pointe des pieds.
En raison de ces difficultés, il n'est accepté en crèche puis à l'école que deux heures par jour.
À cette époque, je voyais un enfant enfermé dans sa bulle, coupé du monde relationnel, malgré toute l'intelligence que je percevais en lui.
La mise en place d'un cadre structurant
En janvier 2023, j'ai décidé d'agir différemment.
J'ai aménagé une salle de jeux dédiée, structurée, épurée, pensée pour favoriser la relation.
Nous avons mis en place un travail quotidien basé sur :
• le face-à-face,
• l'imitation,
• la répétition
• la présence humaine constante,
• le respect de son rythme.
Des bénévoles se sont engagés à nos côtés pour assurer des temps de jeu réguliers et intensifs.
Ce cadre relationnel a progressivement permis à William de s'ouvrir.
Les évolutions observées
Progressivement, des changements profonds sont apparus.
William a commencé à entrer dans l'échange.
Il a développé le contact visuel.
Il a commencé à comprendre, à imiter, puis à initier.
Le langage est apparu.
La verbalisation lui a permis d'exprimer ses besoins, ses émotions, ses envies.
À mesure que la communication se mettait en place:
• Les crises ont diminué.
• L'hyperactivité s'est régulée.
• Le sommeil s'est amélioré, la propreté a été acquise
Une conviction
Ce parcours m'a profondément transformée.
J'ai compris que derrière les manifestations visibles se trouvait un enfant capable, qui avait simplement besoin d'un cadre relationnel intensif, structuré et adapté.
C'est cette expérience personnelle qui a donné naissance à l'engagement que je porte aujourd'hui à travers l'association AIFIPAH et l'Approche QADAA.
Parce qu'aucun parent ne devrait rester seul face aux problématiques de l'autisme.
Car chaque enfant mérite qu'on croit en son potentiel.